'Open' est la porte-ouverte de l'audioblog. J'ouvre la porte à un autre rédacteur (bloggueur, artiste, journaliste, monsieur personne, ...) et il en fait ce qu'il en veut.
Lionel Solveigh est le projet solo de Lionel Detry, musicien, ingénieur du son, employé chez Court-Circuit, coordinateur de PureDemo, ... (voir son long cv plus bas). Pour sa carte blanche, il a choisi de nous faire écouter le premier morceau de son album '6 songs for a sunday afternoon', 'of a girl', tout en essayant de trouver un sujet sur lequel blablater. Il a réussi :)

soundtrack : Lionel Solveigh - Of a girl.

Un sac de nœuds
J’ai creusé en surface, retourné la question, analysé les perspectives et engendré un nœud.
La réponse s’est fait attendre. De quoi parler quand on peut parler de tout ?
J’aurais voulu vous parler de ma musique (www.lionelsolveigh.be) et de ce qui me pousse à vouloir m’exprimer au moyen de notes, de sons, de métaphores. Pourquoi se torturer l’esprit, creuser dans ses recoins les plus enfouis, se faire du mal pour engendrer un objet artistique ? Mais c’est trop personnel et trop complexe à coucher sur papier.
J’aurais pu vous parler de mon boulot (www.courtcircuit.be), de mon envie de changer certaines choses dans ce petit milieu, des idioties de certains groupes mais aussi de certaines perles musicales encore cachées dans notre Communauté française…
Mais franchement, est-ce que ça vous intéresserait ?
J’avais commencé un texte sur le changement de mes habitudes de consommation musicale : mon abonnement emusic, mon disque dur externe qui stocke tous mes cd’s en mp3’s et ma visite quotidienne des blogs mp3. J’aurais pu exprimer cette adaptation à mon nouveau mode d’écoute : je ne vais plus choisir un cd que je dépose soigneusement dans le lecteur cd ; j’ouvre Itunes et je lance le mode ‘shuffle’. Mais bon, c’est un peu nul comme sujet quand on vous donne l’espace de vous exprimer, non ?
Et puis, je me suis dit que j’en profiterais pour y présenter mes albums essentiels et mes coups de cœurs du moment. Ou comment passer de 1966 à 2006 des Beatles à Fionn Regan. Le tout en passant par les artistes indécrottables, attachés à mes oreilles comme la première fois où je les ai écoutés (dans cet ordre de découverte) : The Beatles, R.E.M., Pink Floyd, Elliott Smith, Radiohead, Hawksley Workman, Neil Young, Miles Davis, Kings Of Convenience, Sufjan Stevens, Adem, Damien Rice, Andrew Bird, Fionn Regan. Bien sûr, je ne manquerai pas de paraître ‘alternatif’ en lançant quelques noms supplémentaires : Bed, Beirut, Artisan, Ferraby Lionheart, Grizzly Bear, Hauschka, Jim O’Rourke, Jon Brion, Luke Temple, Psapp, The Books, The Robot Ate Me, Tunng,... Je me donnerai un air plus élitiste en mentionnant que j’écoute volontiers Steve Reich, John Adams, Henryk Gorecki, Gyorgy Ligeti, Pierre Bartholomée, ou les fameux enregistrements de 1965 de Martha Argerich jouant du Chopin…
Mais ça fait un peu le mec qui se la pète en faisant du namedropping alors qu’il regarde dans sa bibliothèque itunes ce qui ‘pourrait le faire’ au milieu d’un paragraphe qui parle de musique… (J’ai vraiment parcouru itunes : remontez quelques lignes, à partir de Bed, c’est en ordre alphabétique…).
J’avais envie aussi de me lâcher justement sur ‘les gens qui se la pètent’. Ceux qui diraient « J’adore le Kocani Orkestar » plutôt que d’avouer qu’ils ont découvert Beirut six mois après tout le monde. Ah non, ça, dans le milieu rock, ça fait pas cool. Ceux qui pensent à leur mèche de cheveux quand ils vont voir un concert. Ceux qui travaillent leurs poses sur scène plutôt que de travailler leur songwriting.
Mais je n’avais pas envie de rentrer dans ce jeu-là… Après tout, chacun vit sa vie comme il l’entend. Pour autant qu’ils continuent à entendre…
Parce que je voulais aussi parler des concerts qui vont trop fort. De cette bataille pour de plus en plus de décibels. C’est bien connu : si ça va plus fort, c’est vraiment mieux… J’aurais voulu essayer de vous expliquer que tous les concerts manquent de dynamique, de finesse, de légèreté, de simplicité ; que de voir Hawksley Workman en piano-guitare-voix à 105 db, ça gâche tout.
Mais il y en a qui se moquent encore de moi quand je mets mes bouchons lors des concerts (« Hey, je t’ai vu hein, t’écoutais ton ipod pendant les concerts ! ahahah ! »). Et j’avais pas envie de passer pour le ‘papy de service’ qui râle parce que le son va trop fort.
J’aurais pu aussi ne pas parler de la musique. Ah oui, ça, ça fait du bien… Parler de notre vie au quotidien, des dimanches paresseux et des lundis pluvieux.
Bref, si je voulais parler de tout ça, sans paraître pour celui que je ne suis pas, j’aurais dû commencer un blog et y raconter ce qu’il m’arrive dans la vie… Mais ça, ça ne m’attire vraiment pas comme idée…
Au fait, les seules choses que j’ai vraiment envie de dire parce qu’elles sont vraiment importantes à garder en tête, c’est :
  1. Être intègre. Etre soi-même, ce n’est pas tout le temps facile, mais c’est une bonne ligne pour avancer dans la vie.
  2. (et il faut le premier point pour réaliser le deuxième) Être amoureux. L’amour, c’est ce qu’il y a de plus beau au monde.
Lionel

Lionel Detry est (tenez-vous bien) musicien, il joue de la guitare et des percus, compositeur, auteur, arrangeur, interprète, ingénieur du son pour Austin Lace et John Wayne Shot Me, et a joué en live avec Austin Lace. Actuellement, il est employé par Court-Circuit et coordinateur de PureDemo. Et il a donc également un projet musical perso sous le pseudo Lionel Solveigh et son MySpace.